A l'école

La psychologie jungienne présente le mandala comme élément unificateur de la personnalité. Nous sommes donc en présence d’une forme privilégiée pour favoriser la complémentarité entre cerveau gauche et cerveau droit. Selon Gabriel Racle, la spécialisation hémisphérique ne représente pas une répartition des tâches, mais plutôt "deux modes différents de saisie du réel"(1) A un niveau personnel,  la pratique du mandala peut être vue comme une proposition de dialogue intérieur entre ses aspects "intellectuels" et "artistiques", ses penchants "rationnels" et "émotifs", ses conceptions "logiques" et "intuitives"...
Facteur d'équilibre pour l'individu, pour l'enfant en particulier, en regard de leur attrait spontané pour ces représentations, il apparaîtra bien sûr comme un support de créativité particulièrement riche. Le réseau complexe des lignes, l'évocation explicite ou subjective d'images stimuleront la sensation, et, de là, l'intelligence s'il est vrai que "l'imagination, mémoire de la sensation, fournit les matériaux de la pensée".(2)

1. G.Racle.la pédagogie interactive.Retz p.28
2. C.Reyt, le musée de classe, une ouverture sur l'imaginaire, Armand Colin p.47

 labyrinthe de Chartres

 Dans le sol de la cathédrale de Chartres, on peut voir une curieuse figure de pierre, qui s'apparente d'ailleurs à d'autres figures, plus ou moins semblables en d'autres cathédrales.
    Ce labyrinthe circulaire artistiquement représenté avait une fonction bien précise: on entrait dans le labyrinthe dont on suivait le mouvement en exécutant une véritable danse, jusqu'à une des niches centrales; cette danse servait aussi bien de moyen thérapeutique ( pétro-thérapie, ou thérapie par la pierre) que de chemin vers une expérience intuitive et mystique. Le mouvement circulaire et la concentration requise pour une exécution parfaite stimulait la perception mortrice et provoquait une profonde intuition kinesthésique. C'était un moyen de retrouver l'énergie initiale, de se relier aux origines (religion= se relier, se rattacher). Cette danse permettait de vivre une intense expérience émotionnelle: elle avait été nommée "dromenone" du grec draw, faire, accomplir, qui donne dramenwn, quelque chose à accomplir, à jouer, à dramatiser ( drame provient de la même racine).
    Il n'y a pas dans les écoles, pour autant que je le sache, de tels labyrinthes, tout au plus les jeux de marelle dessinée par les enfants dans les cours de récréation remplissent quelque peu cette fonction. C'est bien dommage en un sens car le jeu du dromenone, par les variations rythmiques qu'il impose, induit un mouvement continu d'énergie qui se traduit par des fluctuations qui perturbent le système en place, et facilitent l'apparition d'un ordre plus élevé: d'où son pouvoir intuitif et créateur. Le dromenone favorise une orchestration créative des processus mentaux. Le ludique ouvre la porte du créatif. Toute école devrait s'en inspirer, et son action être orchestrée pour créer un rythme qui ouvre les esprits vers la nouveauté, la créativité, la transformation, le changement positif.

La Pédagogie Interactive
Au croisement de la psychologie moderne et  de la pédagogie
Gabriel Race
Retz 1983
p.152