droit d'appropriation artistique ?
Comme indiqué dans le texte de la plaquette de l'exposition 99, ce travail est fondé sur une sorte de "transmutation" de l'image de magazine. Seule, une silhouette est reprise. La question se pose donc de savoir si le photographe de mode ou de "charme", est propriétaire de la pose du modèle? S'agit-il d'une appropriation illicite, ou nous trouvons-nous plutôt dans une réécriture telle que la pratique les artistes depuis que l'art est art?
Pour poser la problématique, voici un extrait de "Les enjeux des pratiques contemporaines d’appropriation" de Christiane Carlut :
"La multiplication des pratiques artistiques contemporaines d’appropriation, « cut-up », « sampling », « found footage », de détournement, de manipulation d’images, de textes et de sons, revendiquent, dans le contexte de leur criminalisation juridico-économique actuelle, une appréciation actualisée du partage collectif de l’information et de la création. Les plasticiens, écrivains, musiciens, artistes multimédias qui s’emparent volontiers des images, textes et sons produits par d’autres, pour les intégrer à leurs propres œuvres, les envisagent naturellement comme des biens collectifs, émanant d’une histoire de l’art collective, produite par tous et au profit de tous. Ces pratiques, revendiquées novatrices et délibérément subversives par les uns, sont qualifiées d’illégales et d’illégitimes par les autres. Un simple regard sur les pratiques historiques de la peinture, de la musique et de l’écriture permet de constater que ces deux positions, situées de part et d’autre des valeurs morales et juridiques contemporaines qui divisent ce contexte, sont illusoires ou abusives, en regard de la dimension historique qui caractérise ces pratiques d’appropriation (rappelons : « l’art se nourrit de l’art » de Malraux)."
Les mandalas présentés ici, ne cherchent en aucune façon à spolier les auteurs de l'oeuvre originale, mais à en proposer une interprétation, dans une sorte de dialectique artistique personnelle. Cependant, pour ne pas être en faute avec le fameux "copyright", les photos ayant servi de support à la création ne pourront pas être reproduite ici. Certains visiteurs auront peut-être une réminiscence en voyant l'une ou l'autre de ces silhouettes, une impression de "déjà vu".
Une véritable démarche artistique peut-elle s'accommoder d'une interrogation constante quant à une possible violation de la loi?
(...) "il semble bien, qu’à défaut d’une exception particulière dans la loi sur le droit d'auteur, l’œuvre pourrait ne plus seulement être tributaire de la liberté de l’artiste, de l’acte et de la pensée créatrice, mais être déterminée par l’interdit et le permis légal. L’art d’appropriation, parce qu’il défie justement cet interdit légal, est particulièrement mis à mal par le droit d'auteur. Peut-on admettre que le droit d'auteur, dont l’objectif est la protection de la création, puisse constituer un obstacle à la création, pour la simple raison que celle-ci se réalise désormais par la copie et l’appropriation " Séverine Dusollier, « Le droit d'auteur et l’appropriation artistique », Art’Icle, Février 2006, p. 8-9.
... Bonne réflexion...
ReF

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